[Seine-et-Marne] Des agriculteurs 2.0 ?

La technologie au service des agriculteurs ? Certains y voient une promesse d'autres une menace. A l'occasion de leur assemblée générale, les Jeunes Agriculteurs (JA) seine-et-marnais ont abordé le sujet...sans trancher.

08/02/2017 à 16:29 par thomas.martin

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Mais quel avenir pour l’agriculture ? C’est la question qui taraude les exploitants agricoles Seine-et-Marnais.

Pour cette raison, le groupe Arvalis arrive sur le terrain de l’innovation numérique avec son projet « Digifermes » pour tester les outils connectés, en conditions réelles. Ces digifermes accueillent les équipements high-tech, des outils de pilotage, des OAD (outils d’aide à la décision) jusqu’aux robots. Elles constituent un banc d’essai pour les prototypes proposés par les entreprises et les start up.

L’ambition est de passer des concepts aux travaux pratiques. « Il faut être pionnier plutôt que d’être suiveur » affirme Delphine Bouttet, ingénieure régionale.

« Être pionnier plutôt que suiveur »

Mais pour Arvalis, il n’est pas question de remplacer l’agriculteur par des machines. « Pour nous, il est toujours là et reste maître de ses choix. Notre ambition est uniquement de mettre le numérique au service de la prise de décision ». Faciliter le travail des producteurs ? La question fait débat.

Les agriculteurs, eux, ne le voient pas tous de cet œil-là. « Avec toutes ces technologies, on est en train de tuer le sort des agriculteurs. Je veux pouvoir vivre de mon métier sans avoir à m’inquiéter de l’avenir », s’indigne un agriculteur. Arvalis estime que la transition technologique est inévitable de nos jours et assure que « le grand public a des visions très erronées de l’agriculture, avec le numérique, on veut vraiment casser cette image. »

Si beaucoup redoutent que la technologie ne vienne écraser toutes les compétences acquises, d’autres sont moins réticents, mais restent tout de même sceptiques quant à la question financière. « Est-ce que le coût de l’investissement par rapport aux économies que l’on peut faire est rentable ? » s’interroge un agriculteur présent lors de la conférence. L’institut technique au service des agriculteurs affirme qu’il est en train de travailler sur la question, et rappelle que le but des digifermes est non seulement de tester ces nouvelles technologies, mais de penser au-delà. « Nous visons à déterminer quel coût sera consacré à ces activités, mais également quel temps sera dépensé ». déclare Delphine Bouttet.

Même s’il est vrai que le développement des outils high-tech fragilise le métier d’agriculteur, chez Arvalis, « l’objectif est de penser à l’avenir qui sera consacré aux agriculteurs, de se projeter dans 15/20 ans » positive Mehdi Sine, chef du service chez Arvalis.

Amale AJEBLI

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